Accouchement eutocique ou dystocique : quelles différences et qu'est-ce que ça signifie ?

 


L’accouchement est parfois un moment que les femmes redoutent. Or, en réalité, il peut se dérouler dans des conditions normales sans intervention obstétricale ou chirurgicale : on parle d’un accouchement eutocique. A l’inverse, il peut exister des complications, nécessitant l'intervention d’un médecin : il s'agit alors d’un accouchement dystocique. Le Dr Odile Bagot, gynécologue-obstétricienne, nous éclaire sur ces deux phénomènes.


L’accouchement est souvent un moment attendu, mais aussi appréhendé par certaines mamans. Dans la plupart des cas, il se déroule dans des conditions normales : on parle alors d’accouchement eutocique. Dans certains cas, des complications nécessitant une intervention chirurgicale peuvent cependant survenir : il s’agit d’un accouchement dystocique.


Accouchement eutocique : de quoi s'agit-il ?

D’origine grecque, "eu" signifie "normal, vrai" et "tokos" veut dire "accouchement". Ainsi, un accouchement est eutocique lorsqu’il se déroule sans complications et sans intervention chirurgicale. Comme l’explique Odile Bagot, gynécologue-obstétricienne, il s’agit d’un accouchement qui "se déroule normalement" et qui consiste "en une expulsion spontanée sous les poussées de la maman, ne nécessitant aucune manoeuvre chirurgicale comme une césarienne ni obstétricale, autrement dit, on utilise pas de ventouse, ni de forceps".


Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il existe plusieurs critères pour caractériser un accouchement eutocique. En effet, un accouchement est eutocique lorsque :


le déclenchement est spontané

c’est une naissance à bas risque dès le début et tout au long du travail et de l'accouchement

l'enfant naît spontanément en position céphalique du sommet, entre les 37e et 42e semaines de gestation

après la naissance, la mère et le nouveau-né se portent bien

Qu'est ce qu'un accouchement dystocique ?

Dans certains cas, la naissance peut s’avérer difficile. On parle alors d’accouchement dystocique, qui s’oppose ainsi à l’accouchement eutocique. Du grec "dys", qui signifie "difficulté", un accouchement dystocique se caractérise par des complications pouvant perturber le cours du travail et l’accouchement. Il peut s’agir de plusieurs anomalies : mauvaise dilatation du col de l’utérus, absence d’engagement du bébé, anomalies des contractions utérines : "C’est soit le travail dont la dynamique est pathologique, soit une expulsion du bébé qui ne se passe pas comme prévue. En effet, la descente du bébé peut ne pas se faire pour des raisons mécaniques (le bassin est trop petit ou le bébé est mal positionné) ou alors c’est le rythme cardiaque foetal qui flanche : le cœur du bébé ralentit à chaque contraction et il faut le sortir plus rapidement", explique le Dr Odile Bagot.


Accouchement dystocique : les différents types de complications

Dystocie de démarrage, mécanique, dynamique… Il existe différents types de dystocies, autrement dit de complications, qui varient selon si elles surviennent en cours de travail (avant l'expulsion du bébé) ou pendant l’accouchement.


En cours de travail, il existe deux types de dystocies : la dystocie dynamique et la dystocie du col.


la dystocie dynamique : les contractions ne sont pas régulières, elles sont anarchiques, et pas assez puissantes. Résultats ? La dilatation du col n’est pas complète et peut entraîner des complications. Les équipes de santé peuvent alors administrer de l'ocytocine pour ainsi régulariser le travail.

la dystocie du col : le col de l’utérus ne s’ouvre pas dans les temps alors que les contractions sont bonnes. "Si le col ne s’ouvre pas ou alors si le bébé ne s’engage pas après plusieurs heures de dilatation complète, il faut faire une césarienne", indique la gynécologue.

Lors de l’accouchement, il peut y avoir une dystocie mécanique ou "d’expulsion". On parle de dystocie mécanique lorsque le bébé ne s’engage pas ou si la tête ne parvient pas à progresser dans le bassin alors qu’elle est déjà engagée. "Si la tête est encore haute et non engagée on fera une césarienne, sinon on privilégie alors l’utilisation de ventouse ou de forceps pour sortir le bébé", précise la spécialiste. Plusieurs causes peuvent expliquer ce phénomène :


la taille du bassin de la femme est trop étroite ;

il y a une macrosomie foetale, autrement dit le poids du bébé est supérieur à la normale -supérieur à 4kg -, ce qui constitue une disproportion foeto-pelvienne : le bassin de la maman est trop petit pour un passage fluide du bébé ;

une mauvaise position du bébé.

Il peut également exister une dystocie des épaules : le bébé a déjà la tête sortie mais ses épaules, trop larges, bloquent le passage. Dans ce cas précis, il n’est pas possible d’avoir recours à une césarienne car le bébé est trop bas.


Comment prévenir les difficultés liés à l’accouchement dystocique ?

Il existe plusieurs façon de prévenir les complications, notamment grâce à la confrontation foeto-pelvienne : "On examine le bassin de la femme à partir du neuvième mois, on sait à peu près la taille de la tête du bébé. On regarde en amont s’il n’existe pas d’anomalies particulières pouvant compliquer le travail de la femme", indique le Dr Odile Bagot, gynécologue-obstétricienne.


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